Quand partir ?
Le choix dans la date : les rabat-joie vous diront que ce n'est pas le moment, à cause de la conjoncture, des risques... La question que je me suis posée est simple ''pourquoi attendre la retraite pour y aller ?''
Il n’y a pas de meilleur moment que maintenant pour profiter d'un tel voyage.
Autre aspect des choses, valable au moins pour les Français et peut être pour les autres nationalités aussi : si vous payez des impôts sur le revenu et que vous comptez partir un an, c'est peut être mieux de faire sa valise en milieu d'année afin de diminuer
sa feuille d'imposition sur deux ans au lieu d'un.
Combien de temps ?
Tout dépend bien sûr de votre budget, de vos envies, de votre disponibilité...
Les riches et pressés peuvent tourner autour de la planète en 24 jours en jet privé et hotel 5 étoiles, tandis que d'autres pédalent pendant dix ans, profitent de l'hospitalité des habitants et envoyent un article de temps en en temps pour arrondir les
fins de mois difficiles. Entre ces deux extrêmes tout est possible.
La durée idéale n'existe probablement pas. Un an, c'est déjà bien, mais il faut bien être conscient que cela oblige à faire beaucoup de compromis sur le choix sur les pays traversés voire même l'impasse totale sur un ou deux continents et ne
visiter que partiellement les autres. Un an, c'est aussi la limite de validité normale de la plupart des billets d'avion...
La vitesse.
Lièvre ou Tortue ? Voyager lentement permet de multiplier les contacts et de voir les choses plus en profondeur, différemment des voyages optimisés pour faire le maximum de chose en un minimum de temps. D'un autre côté on peut aussi faire le choix de multiplier les destinations pour apprécier
la variété du monde.
Personnellement, j'ai fait un peu les deux. En profitant longtemps des pays que j'avais choisi comme étant "mes principaux buts", et en passant plus vite, voire même extrêmement vite à d'autres endroits. Au début de la préparation, je ne pensais pas faire un tour du monde mais l'idée s’est
imposée comme étant plus économique que les autres possibilités envisagées, comme par exemple le voyage en ''étoile''. J’ai fait mon itinéraire prévisionnel en fonction des endroits où j’avais vraiment envie d’aller et des escales (bon marché ou même gratuites) proposées
par les compagnies aériennes. Pas question non plus de figer complètement mon itinéraire, j’avais par exemple prévu deux mois au Népal et un mois en Inde : pour diverses raisons, j’ai fait le contraire. On m'a souvent posé la question : pourquoi ne pas être allé en Australie alors que c'était
si proche ? J'ai simplement estimé ne pas avoir le temps suffisant pour "bien" visiter ce pays vaste comme un continent. 1 an c'est long, mais c'est à la fois très vite passé.
L'idéal est bien sûr de ne pas avoir de grosse contrainte de temps et de rester à un endroit autant que nécessaire. En cas de voyage à durée limitée (comme c'est souvent le cas !) rester plus longtemps dans un pays va forcément amputer d'autant la durée à consacrer aux autres... qui ne sont pas
forcément moins intéressants. Les visas induisent une contrainte temporelle supplémentaire. En Thaïlande par exemple, le "truc" est de quitter le pays (vers la Malaisie), pour y revenir instantanément, armé d'un nouveau visa d'un mois.
Vous partez 2 ans pour un tour du monde ? ( petit veinard ! ) Pourquoi ne pas faire 2 tours du monde au lieu d'un ! un par l'hémisphère sud, un par l'hémisphère nord, le tout avec une petite pause au milieu pour faire la bise à sa maman qui se languit de vous revoir ? Ce n'est pas forcément
plus cher au niveau du transport aérien car on évite les trajets transversaux onéreux. A étudier.
Si vous comptez rentrer un jour ( ! ), sachez aussi que plus on part longtemps, plus la réadaptation à une vie ''normale'' peut être problématique. Comment retrouver le métro et la routine après toutes ces aventures ?
 Quel budget ?
C’est là une question fondamentale qui va conditionner son parcours et ses activités.
Un buget trop serré peut vous gâcher le voyage: C'est quand même bien agréable de pouvoir se payer une chambre correcte au moins de temps en temps, de déguster un bon repas mais aussi de de faire quelques activités qui permettent de mieux découvrir
les gens, les animaux, la nature... Si ses ressources ne sont pas suffisantes, peut être vaut-il mieux partir 9 mois au lieu de 12, ou bien modifier son parcours initial pour rester plus longtemps dans les pays ''bon marché'' et éviter de trainer dans les pays ''chers''.
Déjà, il faut savoir de combien d’argent on peut disposer car on ne peut pas dépenser plus que ce que l’on a (La Palice n’aurait pas dit mieux). Après, c’est comme partout, on peut prévoir de mener grand train ou de vivre à l’économie, et souvent on fait un peu les deux. Tout dépend du pays et
de ce que l’on y fait. Par exemple, sans parler de certains pays d'Europe du nord affreusement chers, l’Asie peut être très bon marché tandis que l’Australie peut se révéler ruineuse si on ne fait pas attention à ce qu’on fait. Sachez par exemple que ma courte escapade aux Galapagos m’a coûté
autant que trois mois de budget au Népal et en Inde réunis. C'est marrant de constater que l'on peut passer une demi heure à négocier le prix d'une course en taxi au centime d'euro près dans un pays et payer 100 fois plus cher sans broncher dans un autre.
Le budget est ''auto adaptatif''. Dans les pays plutôt bon marché, on prendra volontier le taxi, rickshaw, tuk-tuk... Dans les endroits plus chers, on marchera à pieds, prendra le bus et le métro.
Prévoir son budget, c’est globalement faire un tableau avec une colonne Recettes et une colonne Dépenses et bien sûr voir si ça peut marcher.
LES RECETTES :
1 ) Les économies du départ, un emprunt personnel auprès d'une banque ou d'un proche.
2 ) Les revenus sûrs ou espérés (si vous louez votre habitation, si vous percevez des allocations, si vous êtes rentier, si vous comptez travailler en route, si vous avez un sponsor ou un mécène...)
LES DEPENSES :
Avant le départ:
- L'équipement : Sac à dos, vêtements...
- Les Visas
- Les billets d'avion
- L'assurance assistance
- Les vaccins
En voyage :
Transport, logement, nourriture, achats divers, activités.
On peut déterminer un budget journalier moyen en étudiant les rubriques des guides de voyage qui proposent souvent plusieurs évaluations en fonction de la destination et du mode de voyage (routard fauché - un peu plus confortable - confortable). Sur l’Internet, on peu consulter
les fiches pays d’ABM , de LonelyPlanet, du Routard ou de Footprint (en anglais)
Ce budget quotidien en version "routard" varie généralement de moins de 15 € à 30-35 € par jour suivant la destination, exeptionnellement au delà de 100 €, cela peut arriver mais ce n'est plus vraiment routard !
Déterminer ensuite les activités que l'on peut ou souhaite faire dans le pays. La marche à pieds est en général gratuite mais pas la plongée sous-marine, le safari photo ou le tour en hélico. Cette partie des dépenses est la plus adaptable. Il est facile d'ajouter ou d'enlever une activité en
fonction de l'évolution de son budget. Par contre, s'arrêter de manger et de dormir: c'est plus difficile.
A la maison :
Assurances (maison, voiture...), Impôts, etc.
On peut réduire la facture en se débarrassant (vendant) ce qui coûte de l’argent et qui n’en rapporte pas, comme une voiture par exemple, surtout si elle est récente et qu'elle va perdre de la valeur.
EXEMPLE :
Pour donner un idée, voilà quelques réflexions autour mon budget... On peut faire avec beaucoup moins d'argent que ça en choisissant d'autres étapes que les miennes.
Avant de partir, cela faisait 9 ans que je travaillais et que j'économisais pour de futurs projets encore vagues. Cela m'a permi de partir avec le budget assez confortable de 17000 €. J’ai dépensé 16500 € tout compris : déplacements, hébergement,
nourriture, achats de souvenirs. Bien sûr, mes prévisions se sont révélées plus ou moins justes suivant les pays, mais les + compensant les - tout c'est miraculeusement équilibré.
Les points clé du budget de mon périple :
Avion :
Les formules '‘tour du monde’' préétablies par les compagnies aériennes essaient souvent de cantonner le voyageur d’un seul côté de l’hémisphère mais sont étonnement bon marché. Avec 1800 € on peut déjà réaliser un très beau parcours avec de nombreuses escales.
Pour ma part, le budget aérien est nettement plus élevé (4550 € de billets ! ) car j’ai fait mon propre parcours, pas forcément idéal au point de vue économique. J’ai cependant bien voulu payer le prix fort pour faire mon tour du monde à moi en passant par les
endroits que j'avais réellement choisi, comme par exemple le très très onéreux stop à l'île de Pâques ou l'aller-retour à Madagascar.
Népal et Inde :
La vie peut y être incroyablement bon marché. Moins de 6 € / jour pendant mon trek dans les Annapurnas, rien à acheter, juste à marcher et à profiter des plus belles montagnes du monde !
Galapagos :
1500 € allègrement dépensés en 12 jours : c'est une somme !
Train de vie en Nouvelle Zélande :
Un ami est venu me rejoindre 3 semaines. Location de voiture, Bed & Breakfast, bons restaurants... pour une facture de plus de 76 € / jour. Très confortable et reposant après l’Inde. Après le départ de mon ami, le budget est redevenu raisonnable en faisant ma propre popote dans les auberges
de jeunesse et en se déplaçant en stop et en bus ( 20 € /jour). Bel exemple d'adaptativité du budget !
Activités sportives onéreuses :
J’ai fait pas mal de plongée sous-marine (Madagascar, Fidji, Cook, Galapagos). Un peu de parapente, du raft, un saut en chute libre. Environ 1500 €.
Ripailles :
J'apprécie les bonnes choses et je ne me lasse pas de découvrir les spécialités culinaires du monde. Je me suis souvent laissé tenté par un bon resto et par une bonne bouteille de rouge à partager entre amis. A force, cela fini par peser dans le budget, mais quand on
aime...
Hôtels :
A l'inverse, j'ai plutôt serré mon budget hébergement, en dormant dans des chambres rarement au top, ne délaissant pas les dortoirs à l'occasion.
Comment trouver un sponsor et voyager gratuitement ?
Le rêve: être payé pour voyager. Trouvez un job chez un éditeur de guide !!!
Les sponsors demandent en général un projet sérieux et bien monté. Les personnes doivent être tenaces et motivées et proposer un thème - original ? - à l'ensemble du voyage (humanitaire, éducation, patrimoine, écologie, histoire,
reportages écrits ou photo/vidéo), une certaine couverture médiatique, etc...
A qui s'adresser ?
www.fondations.org offre déjà quelques pistes...
Bourses Défi Jeunes 62, rue Saint-Lazare 75009 PARIS Tél. : 01 40 82 97 97 Fax : 01 40 82 97 98
Sur le même site, d'autres pistes pour trouver un financement
Pas mal d'adresses aussi sur le site de la Fondation Nicolas Hulot
(Merci à Geffroy pour ces tuyaux)
Choisir son contrat assurance - assistance pour un tour du monde ?
La plupart du temps, l'assurance et l'assistance sont confondues au sein d'un même contrat. Les garanties couvertes sont variables d'une société d'assurance à l'autre, les exclusions aussi.
- Responsabilité civile (toujours limitée)
- Rapatriement, visite d’un membre de la famille, retour anticipé, transport du corps, frais de cercueil (le vôtre !)
- Assistance Juridique
- Avance d’argent, avance de caution pénale.
- Frais de recherche et de secours, parfois ''illimités''
- Frais médicaux hospitalisation (Maladie - Accident). Plafond souhaitable: 150 000 €, mais le double : c'est mieux ! (les frais d'hospitalisation peuvent être exorbitants en Amérique du nord / Japon / Singapour). Une appendicite est si vite arrivée ! Voir la liste des maladies exclues
par le contrat : SIDA, paludisme ?...
- Frais dentaires (généralement peu ou pas couverts du tout)
- Envoi de médicaments
- Annulation : Remboursement de billets d'avion / séjour en cas de maladie, d'accident, décès d'un proche, licenciement (économique uniquement).
- Infirmité, décès, préjudice esthétique, dans ces cas un capital peut être versé à vous même ou à vos héritiers.
- Bagages et effets personnels : Perte, vol, retard, bris. Le remboursement est souvent symbolique. Regardez les conditions pour les appareils photos, lunettes de vue, bicyclette, équipement sportif...
- Indemnité retard d'avion
- Transmission de messages urgents
On peut comparer les contrats en fonction du prix demandé et des garanties offertes (plafonds, franchises, exclusions). Généralement, toutes les activités dites "à risque" sont exclues des garanties : moto, auto, plongée, haute montagne, escalade, sports aériens, ski hors piste, saut à l'élastique,
compétitions de toute nature. C'est donc à vous de souscrire une assurance complémentaire pour vous couvrir. L'assurance ne vous couvrira pas non plus si les actes sont intentionnels, si vous êtes sous l'emprise de drogue ou en état d'ivresse, en cas de tentative de suicide, les états de grossesse...
Egalement exclus : les guerres, le terrorisme, les engins nucléaires, les cataclysmes...
Couverture géographique : certains pays peuvent être exclus et notamment le vôtre. En ce qui concerne les opérations de recherche, secours, rapatriement : sont souvent exclues les zones de moyenne montagne / haute montagne, les recherches en mer. A l'intérieur de la CEE, des accords permettent
de se faire rembourser par la Sécurité Sociale Française en cas d'accident ou de maladie soudaine (formulaire E 111).
Auprès de qui ?
AVA
AVI International
Elvia
Europ assistance
Inter mutuelles assistance
Les connaisseurs du voyage
Mondial assistance
Routard assistance
Pour certaines activités sportives...
Au Vieux Campeur
Club Alpin Français
Voir aussi sur les sites de vos fédérations (voile, parapente, plongée, etc.)
Les possesseurs de carte de crédit sont automatiquement couverts par une assurance/assistance voyage. Si les prestations sont très limitées pour les cartes ''standard'', elles sont très correctes pour les cartes "haut de gamme" comme la visa premier ou la mastercard gold. Les prestations ne sont
maximales que pour 6 mois de voyage consécutif. A vérifier.
Carte Visa
Carte Eurocard Mastercard
American Express
Que va-t-il se passer à la maison pendant mon absence ?
L’idéal est d’avoir quelqu’un de confiance à la maison qui peut s’occuper des quelques problèmes administratifs et financiers à votre place. Le centre des impôts va-t-il m’oublier comme je vais l’oublier ?
Faire les procurations à la banque, à la poste pour recevoir les recommandés. Savoir que faire des factures, assurances, mutuelles...(on aura bien entendu pris soin de tout calculer dans son budget). Le prélèvement automatique est très pratique et l'Internet permet de réaliser
de plus en plus d'opérations (banque, démarches administratives, et peut être bientôt aussi les demandes de visa).
Quelles réactions attendre de l’entourage ?
Les personnes que je connais ont eu des réactions contrastées à l’annonce de mon projet. Cela va de : “c’est super, j’en ai toujours rêvé” à “tu es complètement barjo” en passant par “tu est courageux pour faire ça”.
Un copain m’a même dit “ton parcours est mauvais, tu vas rater plein de choses” (sic). ''Non, vraiment, il faut au moins passer par Angkor et Chichen Itza, c’est une honte de ne pas y aller ! '' A l’écouter, on serait dans l’avion toutes les semaines pour sauter d’un site à l’autre.
Blague à part. Sa détermination doit être grande pour sauter le pas, passer du rêve au projet et du projet à sa réalisation. On peut se sentir incompris et freiné par ses proches. Ils sont surpris et inquiets de vous voir partir si loin et si longtemps.
Mais pourquoi tu pars, t'es pas bien ici ?
A vous  
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